Le phénomène RR4 Les enlèvements extraterrestre (Abduction)

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Les enlèvements extraterrestre (Abduction)

Video en Anglais avec sous-titres anglais. (Originally shown during the late 90s as part of Channel 4’s animation series.)

« Abductees » est un film d’animation réalisé par Paul Vester a partir de témoignages, d’enregistrements audio de regressions hypnotiques, de dessins de : Linda Cortile, Rusty Hudson, Alain Kendugi, Rosemary Osnato, Helen Wheels.

La caméra balaie une pièce sombre, s’attardant sur plusieurs objets avant de s’arrêter sur une créature rouge qui regarde par la fenêtre. Le film enchaîne sur des croquis d’extraterrestres et des images d’un OVNI, tandis qu’une voix off décrit la créature : d’un rouge pur, à l’exception de deux yeux noirs perçants, comme des trous dans sa tête. Une seconde narratrice prend le relais et raconte comment des extraterrestres lui ont parlé par télépathie, tandis que la caméra parcourt une série de croquis d’extraterrestres. Le film revient ensuite à la narratrice, qui conclut en disant que la voix télépathique était « comme une fleur dans sa tête » ; à ce moment précis, une fleur animée kaléidoscopique s’épanouit sur un fond noir.

Après le générique d’ouverture, un homme explique que, si l’esprit invente parfois des histoires pour masquer des événements traumatisants, il pense que les cas d’extraterrestres télépathes sont d’une autre nature ; cette explication est accompagnée d’une image façon bande dessinée montrant un couple en voiture rencontrant un hibou géant, suivie de plans de sosies de Casper et Bambi. Tandis que l’homme décrit les images envoyées au cerveau par un extraterrestre, on voit un loup animé, dessiné aux pastels gris. Noir.

D’autres narrateurs racontent leur histoire, et de nouvelles séquences animées s’enchaînent. Toujours dans un style bande dessinée, elles arborent des couleurs vives, des ombrages marqués, des visages caricaturaux et même une bulle de dialogue. Quelques croquis animés d’extraterrestres petits et patauds font également leur apparition. Avec une touche d’humour, lorsque le narrateur évoque les extraterrestres se déplaçant au pas cadencé, le film enchaîne sur des images de quatre hommes dansant à l’unisson.

Le narrateur suivant relate une rencontre de son enfance. Cette séquence est réalisée de façon très enfantine, avec des personnages simples, de larges aplats de couleurs légèrement plus pâles et des contours vaporeux. La petite fille revient de la soucoupe volante avec l’arête du nez en sang. La séquence se termine sur sa mère qui la serre dans ses bras et l’emmène chez le médecin. En contraste, cette animation relativement douce est suivie d’une scène où une femme sous hypnose régressive décrit, au bord des larmes, des extraterrestres lui implantant quelque chose dans le nez.

Les animations alternent entre des dessins au crayon animés et le style bande dessinée, tandis que le narrateur parle d’extraterrestres le plongeant dans différentes situations. Scénarios : les séquences animées le montrent se faire fouetter par une femme diabolique aux allures de dominatrice, servant le dîner et assistant avec horreur à la mort d’un bébé – apparemment malgré lui – à coups de hachoir. Les narrateurs poursuivent leur discours tandis que défile le générique de fin, semblable à un organigramme.

Le tout est accompagné d’une musique qui, d’une certaine manière, fait toute la force du court-métrage ; la bande originale, très simple, est parfaitement adaptée et très mémorable. Elle rend même la scène la plus grotesque étrangement touchante. Bien sûr, le film dans son ensemble privilégie souvent la douceur au sensationnalisme ou à l’horreur, utilisant des images familières comme celle d’une mère réconfortant sa fille blessée. Le résultat est un mélange très mémorable ; « Abductees » est l’une des productions les plus marquantes du financement de l’animation par Channel 4 dans les années 80 et 90, et est encore projeté dans de nombreux festivals.

Ce court-métrage prouve-t-il l’existence de la vie extraterrestre ? Ce n’est pas vraiment le propos. « Abductees » est moins un documentaire qu’une méditation ; même si les images d’extraterrestres peuvent être interprétées… À première vue, la théorie selon laquelle les expériences d’enlèvement sont purement psychologiques est abordée par l’un des narrateurs dès le début du court-métrage (accompagnée d’un plan d’une soucoupe s’écrasant dans la mer – une scène de science-fiction classique qui peut ici être interprétée comme une métaphore des images subconscientes) et renforcée par une imagerie onirique et des références à l’univers des dessins animés (Casper, Bambi et les bandes dessinées). Mais malgré quelques clins d’œil malicieux, le thème central d’« Abductees » est qu’il existe autre chose, qu’il s’agisse de vie extraterrestre ou de zones inexplorées de l’esprit humain.